La première projection

Affiche du film Mémoire de missionnairesJ’ai le plaisir de vous annoncer que le documentaire Mémoire de missionnaires est bel et bien terminé. L’avant-première du film est prévue le 16 mars 2017 à 19h au cinéma Galeries (sis 26, Galerie de la Reine à 1000 Bruxelles).

Pour obtenir davantage d’informations sur Mémoire de missionnaires, veuillez vous rendre sur la page de mon blog dédiée au film ou sur la page Facebook du film.

Auteure et réalisatrice : Delphine Wil
Cadreur : Florian Vallée
Ingénieure du son : Jeanne Debarsy
Traducteur-interprète : Charly Kasereka
Monteur : Sébastien Calvez
Compositeur : Aldo Platteau
Monteurs son : Bertrand Le Roy et Stéphane Grégoire
Mixeur : Aymeric Eustache
Étalonneur : Pierre-Louis Viné
Producteurs : Aurélien Bodinaux de Néon Rouge et Oualid Baha de Tact
Affiche : Hélène Taquet

© 2017

La mafia du logement à Amsterdam

Il y a quelques années, j’ai dû chercher un logement à Ouagadougou, au Burkina Faso. Je croyais avoir connu le pire : démarcheurs corrompus, arnaques, attente interminable, locations illégales… En fait, non. Amsterdam, capitale des Pays-Bas, semble surpasser toute autre ville en matière de logements inaccessibles et/ou non conformes. Ayant parcouru les annonces durant plusieurs mois l’an dernier, je vous partage ici mes lectures les plus folles. Il s’agit d’un top 10.

  1. Le logement sans cuisine

2 kamers beschikbaar aan de Oudezijds voorburgwal. Vanaf €800,- per kamer 17m2. GEEN KEUKEN BESCHIKBAAR. Voor vragen hoor ik het graag. Beschikbaar per vandaag.

« 2 chambres disponibles dans l’Oudezijds voorburgwal. À partir de 800€ par chambre 17m2. PAS DE CUISINE DISPONIBLE. Je répondrai avec plaisir aux questions. Disponible dès aujourd’hui. »

  1. L’appart’ à louer en chantier

Het betref een licht kamertje van ongeveer 9m2 met een groot raam en uitzicht op de tuin. Ook niet onbelangrijk is dat het huis ook een woonkamer heeft en een grote tuin van 60m2 + tuinhuisje. De kosten van dit alles is 640 euro per maand inclusief g/w/l. Inschrijven is ook mogelijk. PS; wat niet onbelangrijk is om nog even te vermelden. Er moet zoals overal in Amsterdam borg worden betaald. dit is dan 1 malig je huur, 640 euro. & 1 malig commisiekosten van 600 euro per persoon!

chantier2« Cela concerne une petite chambre lumineuse d’environ 9m2 avec une grande fenêtre donnant sur le jardin. Il est non négligeable que la maison dispose également d’un salon et d’un grand jardin de 60m2 + abri de jardin. Le coût de tout cela est de 640 euros par mois, y compris gaz/eau/électricité. L’inscription à la commune est également possible. PS; ce qui est important de mentionner ici est que, comme partout ailleurs à Amsterdam, il faut payer une caution. c’est une fois votre loyer, 640 euros. + 1 fois des frais de commission de 600 euros par personne ! »chantier

  1. Le gode à louer avec la chambre

gode

  1. La cabane de jardin

cabane

Un commentaire censé a été publié suite à cette annonce : What? Wait, are you subletting a garden shed? That is illegal in the Netherlands, besides completely ridiculous for 400€. You people…

« Quoi ? Attendez, vous sous-louez une cabane de jardin ? C’est illégal aux Pays-Bas, et en plus complètement ridicule pour 400€. Franchement… »

  1. Le logement de tous les défauts

hi 3 things are very important and we cant negotiate: we have a naked cat, we both asmoke and the room is small. if is ok i send u pics and address and we arrange a view.

« salut 3 choses sont vraiment importantes et nous ne pouvons négocier : nous avons un chat sphynx, nous fumons tous les deux et la chambre est petite. si c’est ok je t’envoie photos et adresse et nous arrangeons une visite. »

  1. La cage à poule magnifique

LOOKING FOR 2 FLATEMATES FOR WONDERFUL HOUSE 550€ ALL INCL. I found a beautiful house 500 meters from the Central Station but they ask for 1700€/month bills included. There is only one bedroom with a large bed but the living room is really big so I can stay there if necessary. PM me to have the photos and other infos!!!

« Je cherche 2 colocataires pour une superbe maison 550€ tout compris. J’ai trouvé une magnifique maison à 500 mètres de la gare centrale, mais ils demandent 1 700€/mois, frais compris. Il n’y a qu’une chambre avec un grand lit, mais le salon est vraiment grand donc je peux m’installer dans cette pièce si nécessaire. MP pour voir les photos et autres infos !!! »

  1. La vieille et son chien

Hoi ik ben Sandra 51 jaar jong en verhuur een kamer. Ik leef samen met mijn hond Jaimey die wel blaft maar verder heel lief is in een ruime drie kamer woning! Als je niet bang bent voor een hond en af en toe tegen het geblaf kan reageer dan.

« Salut, je suis Sandra, jeune de 51 ans et je loue une chambre. Je vis avec mon chien Jaimey qui aboie certes, mais qui est très gentil, dans une maison spacieuse de trois chambre ! Si vous n’avez pas peur des chiens et que vous ne craignez pas les aboiements de temps en temps, réagissez s’il vous plaît. »

  1. L’arnaque

I have attached some of the flat pictures for you to see and have ideas about the flat and the flat is fully furnished with private toilet, bathroom and washing machine and you only need to share the living room with the kitchen together but to see and view the flat is not possible but I can give you the address to view the building and surrounding but you cant enter the flat because I have the keys here with me, I never taught I will let out the flat so I have it locked up before coming to England (Am a Civil Engineer and I work with a Constructions Company)………When are you intend to move in and out of the flat?

« J’ai joint plusieurs photos de l’appartement pour que vous voyiez et ayez une idée de l’appartement et l’appartement est complètement meublé avec toilettes privés, salle de bain et machine à laver et vous n’avez qu’à partager le salon et la cuisine, mais pour voir et visiter l’appartement ce n’est pas possible, mais je peux vous donner l’adresse pour que vous voyiez l’immeuble et ses environs, mais vous ne pouvez pas entrer dans l’appartement car j’ai les clés avec moi, je n’aurais jamais cru que j’allais devoir louer l’appartement et donc je l’ai fermé avant de venir en Angleterre (je suis ingénieur civil et je travaille dans une entreprise de construction)………Quand avez-vous l’intention d’emménager et de déménager de l’appartement ? »

  1. La coloc’ où tu ne dors jamais

Wij zijn eenheid 191 (@ Uilenstede in Amsterdam/Amstelveen) en er komt binnenkort een kamer vrij op onze eenheid. Je deelt de keuken en woonkamer met 13 andere gezellige huisgenoten. We zoeken iemand die het gezellig vindt om samen te eten/chillen/bierdrinken/stappen, alleen niets is verplicht natuurlijk. We eten vaak samen en soms gaan we ook wat doen met de eenheid zoals spareribs eten of naar het Comedy Café.

« Nous sommes l’unité 191 (@ Uilenstede à Amsterdam/Amstelveen) et, dans notre unité, une chambre se libère bientôt. Tu partages la cuisine et le salon avec 13 autres agréables colocataires. Nous cherchons quelqu’un qui trouve sympa de manger/glander/boire des bières/sortir ensemble, mais bien sûr, rien n’est obligatoire. Nous mangeons souvent ensemble et parfois, nous faisons des activités avec l’unité, comme manger des spareribs ou aller au Comedy Café. »

eenheid

  1. La coloc’ de gonzesses (9bis)

We wonen hier met 20 dames, waar dus nog 2 dames extra bij gaan komen. Je woont dan op de 3e verdieping waar nu 3 dames wonen. De 3de verdieping wordt bij de 2de verdieping gerekend en in totaal zullen we met 8 dames zijn.

« Nous vivons ici à 20 demoiselles, où 2 demoiselles supplémentaires peuvent donc s’ajouter. Tu vis au 3e étage, où vivent actuellement 3 demoiselles. Le 2e et le 3e étages sont comptés ensemble et au total nous serons à 8 demoiselles. »

dames

  1. La chambre où tu dois dégager le week-end

Ik heb een kamer te huur vanaf 1 Juni voor iemand die in de weekenden bijv. naar huis gaat. De kamer is dus écht van maandag (zondagavond is ook goed) tot vrijdag. Vandaar ook de lage huurprijs.

« J’ai une chambre à louer à partir du 1er juin à quelqu’un qui, par exemple, rentre chez lui le week-end. La chambre n’est donc vraiment disponible que du lundi (dimanche soir, c’est aussi ok) au vendredi. D’où le faible loyer. »

Une dernière pour la route : l’annonce chère et bizarre

Subletting a 10m2 room in a 90m2 apartment with balcony in Spaarndammerbuurt (westerpark). Short stay renters preferred (max 1 month) price 50 a night/ 200 per week. Couples also allowed and if you are alone than just girls please!

« Je sous-loue une chambre de 10m2 dans un appartement de 90m2 avec balcon dans le Spaarndammerbuurt (parc de l’ouest). Locataires courts termes préférés (maximum 1 mois), prix 50€ la nuit/200€ la semaine. Les couples sont aussi autorisés et si vous êtes seul alors seulement pour filles s’il vous plaît ! »

PS : Les annonces en néerlandais et en anglais sont les annonces originales, avec leurs fautes d’orthographe et autres erreurs de frappe.

PS: The offers written in Dutch and in English are the original ones with their spelling and typing errors.

« On a tout à faire, à refaire »

Siren_zongo

« La Sirène de Faso Fani », documentaire de Michel K. Zongo

J’ai croisé Michel K. Zongo à l’IDFA, le festival du documentaire d’Amsterdam, aux Pays-Bas. Attirée par son nom, dont j’avais déjà beaucoup entendu parler, et par le sujet burkinabè de son film, j’ai cherché à le rencontrer. Je n’ai pas regretté ; nous avons discuté pendant deux heures ! À défaut de retranscrire toute notre conversation, je vous partage ici l’interview à proprement parler.

Ton film, « La Sirène de Faso Fani », parle de la célèbre entreprise de textile située à Koudougou…

L’usine Faso Fani était à Koudougou et fabriquait le pagne, tissu traditionnel qu’on appelle le Faso Dan Fani. Cette usine a été fermée en 2001 suite à l’injonction de la Banque Mondiale et du FMI [Fonds monétaire international], parce que le Burkina était signataire du PAS, le Programme d’ajustement structurel, depuis les années 1990. Parmi les conditions du Programme, il y avait la libéralisation de l’économie, la soi-disant ouverture aux marchés internationaux. Donc l’État, qui produisait certaines marchandises, était obligé de les abandonner aux mains d’entrepreneurs privés. Au niveau national, peu d’entrepreneurs avaient les moyens de reprendre ce genre d’usine pour les faire fonctionner. L’on a abouti à une liquidation totale de cette usine. Plus de 1 000 employés se sont retrouvés au chômage.

Moi, j’ai grandi dans cette ville de Koudougou, j’ai grandi là-bas, j’ai tout fait là-bas. Je suis attaché à cette ville. Avec ce film, j’ai essayé de raconter cette histoire commune, parce que j’estime que c’est une histoire qui me concerne.

Le film s’articule autour de la rencontre des anciens employés pour comprendre le mécanisme qui a mené à fermer l’usine. Pourquoi le Burkina, en tant que l’un des premiers producteurs africains de coton, et étant donné le marché florissant du pagne, pourquoi cette usine burkinabè a-t-elle été liquidée ?

La fermeture de l’usine Faso Fani, c’est un exemple parmi d’autres. En-dehors du Burkina, beaucoup d’autres entreprises africaines de ce style, qui promeuvent la production locale, ont subi le même sort. Comment l’explique-t-on ?

Le PAS, conçu par des experts de la Banque Mondiale pour les pays d’Afrique sub-saharienne soi-disant pour relever l’économie, ne servait à autre chose que d’ouvrir le marché africain à des multinationales étrangères qui ont pour seul but le profit. Les multinationales arrivent pour faire du profit, elles ne poursuivent pas ce rôle social dont l’État était garant. Il y a privatisation, licenciement d’employés et il s’ensuit souvent une liquidation de l’usine parce que, dès que le propriétaire l’achète, il en fait ce qu’il veut.

Ca a été un bouleversement économique pour beaucoup de pays d’Afrique de l’Ouest – le Mali, le Togo, le Bénin, le Burkina, le Niger, le Sénégal – dans les années 1990. Vingt ans après, les conséquences sont toujours visibles. Quand un employé se retrouve au chômage en Afrique, ce n’est pas une seule personne qui en pâtit, c’est une famille – et la famille africaine, ce n’est pas la famille européenne !

Où sont désormais fabriqués les pagnes ?

Il n’y a plus de production de ce pagne manufacturé au Burkina. En réaction à cela, l’artisanat s’est développé. Les femmes qui faisaient du tissage ont développé leur activité parce qu’il y a de la demande. Ce qui remplace le Faso Fani au Burkina, c’est le tissage des pagnes par les femmes. C’est désormais une activité d’avenir, si je peux dire. Là où les hommes ont failli, peut-être que les femmes vont réussir ! C’est une possibilité de développer cette filière-là, pas forcément en industrie, mais en coopérative par exemple. Ce serait une économie au niveau local. Pourquoi tout le temps s’ouvrir aux multinationales ? Est-ce nécessaire ?

L’activité de ces femmes, c’était une manière intelligente de réagir à la fermeture de cette entreprise. C’est une belle revanche.

Je m’amuse souvent en disant que la Banque Mondiale ne sait pas où se trouvent ses femmes ! Elles ne font pas partie du circuit de l’économie capitaliste. Pour l’instant, elles sont encore au niveau local. Mais ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui, elles font vivre des familles.

Tout cela, c’est lié à la politique…

Bien sûr ! Il faut quelqu’un qui épouse ces idées-là, il faut quelqu’un qui croit en cela. Et surtout, quelqu’un qui se donne les moyens, parce que c’est une lutte. On est dans une espèce de gouvernance mondiale de l’économie qui offre peu de chance aux systèmes alternatifs. Il faut des personnalités politiques qui créent des formes de rupture, de manière isolée du moins. Une rupture totale, je ne pense pas que ce soit possible… Mais on peut penser à appliquer d’autres modèles.

Notre chance aujourd’hui, c’est qu’on a tout à faire, à refaire. Et puis, on a tout en Afrique. La richesse se trouve là-bas, mais c’est malheureusement la pauvreté qu’on voit tous les jours. S’il y a de la conscience politique, s’il y a de la volonté, je pense que ce ne sont pas des choses insurmontables.

Les élections de ce dimanche au Burkina Faso peuvent-elles vraiment changer les choses ?

Je ne pense pas. Les candidats à la présidentielle du 29 novembre sont tous des poissons du même marigot. Il faut attendre de voir ce que cela génèrera à l’avenir. Moi, je pense que ce qui est intéressant dans le reclassement du jeu politique au Burkina, c’est que cela va créer de nouveaux politiciens, peut-être plus visionnaires et surtout, des jeunes. C’est en eux qu’il faut voir l’avenir. C’est dans dix, quinze ans qu’on verra émerger une nouvelle classe politique, avec d’autres ambitions et avec d’autres défis.

L’avenir du Burkina, tu le vois comment ?

Je suis assez optimiste. Une chose est certaine : l’ère de Blaise Compaoré est terminée. Personne n’acceptera de faire marche arrière. Le sacrifice est tellement énorme que ce n’est pas possible. Donc, c’est un acquis. Mais il faut travailler. Tout est à refaire et c’est maintenant que ça commence. Il y a un troisième pouvoir qui s’est créé : la société civile. J’en fais partie, ayant des opinions politiques sans être lié à un parti. Cette société civile a compris que le pouvoir était dans ses mains, qu’un des pouvoirs pouvait se trouver dans ses mains et qu’elle peut vraiment jouer un rôle d’équilibre. Les choses se joueront beaucoup sur ça : le contrôle de l’action politique de tous ceux à qui on donne nos voix. Il faut qu’on puisse demander des comptes, ce qui n’était pas possible il y a deux ans.

Partout en Afrique, il y a une ébullition de la société civile. L’exemple du Burkina fait rêver d’autres pays. C’est normal. Ce n’est pas par amour, mais c’est un besoin. C’est une génération qui est arrivée à une certaine maturité, qui a envie de participer à la conception de son avenir. Au lieu de rester assis à attendre qu’on décide de ce qui est bien pour nous, on décide de vous dire ce qui nous arrange.

La société civile n’est-elle pas susceptible de tomber dans les mêmes travers ?

On ne peut jamais dire jamais ; on est tous humains. Mais je pense que les hommes passent et les idées restent. C’est ça qui est intéressant. Même s’il arrivait que des hommes se donnent d’autres objectifs que les objectifs primaires qu’ils se sont donnés, je pense qu’ils auront eu le temps de transmettre leurs idéaux à d’autres personnes. L’essentiel est qu’ils aient semé quelque chose.

Peut-être aussi que cette société civile, dans l’avenir, aura intérêt à récupérer le pouvoir pour gérer. Pourquoi pas ? Rien n’est exclu. C’est un laboratoire qui est en train de se mettre en place au niveau de l’Afrique. Ce sera une expérience. On ne doit pas prendre les armes. Cette génération ne veut pas prendre les armes, mais veut participer à la conception de sa nation. Sans les armes, c’est la parole, ce sont les idées.

Là-bas, il y a vingt ans

En avril 1994, Venuste Nshimiyimana était attaché de presse de la Mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda. Il a vécu les premiers jours du génocide, avant de se réfugier en Belgique.

Vingt ans plus tard, Venuste Nshimiyimana est journaliste à la BBC à Londres. Il aborde le génocide rwandais d’un double point de vue: celui du journaliste et celui du témoin.

Agnès Murebwayire est une ancienne journaliste de Radio Rwanda. Le 5 avril 1994, elle est arrivée en Belgique pour un voyage privé. Elle a vécu le génocide de l’étranger.

Vingt ans plus tard, Agnès Murebwayire habite toujours en Belgique. Elle porte un regard critique sur le Rwanda, dont elle suit chaque jour l’actualité.

Image et son: Florian Vallée
Montage: Emma Bertin
Mixage son: Jonathan Vanneste
Réalisation: Delphine Wilputte

Diffusion en version audio sur Radio Campus
© 2014

Mémoire de missionnaires

Après une résidence de deux semaines pour développer mon idée, après des mois de recherches intensives et de réflexion, après des semaines d’écriture, je peux enfin dévoiler Mémoire de missionnaires. Il s’agit d’un projet de documentaire audiovisuel.

(Congo belge, années 1950)

Au siècle dernier, des hommes d’Église se sont rendus au Congo pour prêcher la bonne parole. Les derniers témoins de cette époque racontent leurs souvenirs. Ils sont marqués à tout jamais par leurs expériences, par les contradictions et les chocs culturels vécus.
Ces passeurs de mémoire témoignent d’un pan souvent commenté et pourtant méconnu de l’Histoire coloniale. Ils livrent un regard lucide et critique sur la christianisation de l’Afrique.

Mon dossier sous le bras, je présenterai mon projet dans quelques jours à Saint-Louis du Sénégal. Je participe aux rencontres Tënk de coproduction, organisées dans le cadre des Rencontres internationales du documentaire africain.

Pour vous tenir au courant de toutes les actualités concernant Mémoire de missionnaires, rendez-vous sur la page du film.

Projet produit par Néon Rouge Production et Tact Production
Soutenu par Ardèche Images et la Fédération Wallonie-Bruxelles
© 2013

La présidentielle malienne ou l’espoir de quitter le camp

A 35 kilomètres de Ouagadougou, au Burkina Faso, se trouve le camp permanent de Sag-nioniogo. 2 830 Maliens, majoritairement des Touaregs, y ont trouvé refuge. Pour la plupart, l’élection présidentielle malienne de dimanche prochain pourrait annoncer la paix dans leur pays. Ce retour au calme leur permettrait de rentrer chez eux.

Ouagadougou, 2013

Il est 7h30. Dans le camp de Sag-nioniogo, des dizaines de réfugiés maliens sont postés au pied du bâtiment principal. C’est le jour de la distribution des vivres, le premier de ce mois de juillet. Les volontaires de la Croix-Rouge burkinabè préparent les tickets de rationnement, les balances et les sacs de nourriture.

Une heure plus tard, les familles les plus ponctuelles regagnent déjà leurs tentes. Des ânes, chargés de riz, de farine, de haricots, d’huile et de sel, suivent chacun des groupes jusqu’à son campement.

Fata Walat El Moctar marche difficilement les centaines de mètres qui la séparent de chez elle. La vieillesse marque son visage, mais surtout entame sa vitalité. Une fois arrivée à bon port, elle s’empresse d’étaler sa natte à l’ombre et de s’y coucher. Elle retrouve son fils, arrivé quelques minutes plus tôt.

Ouagadougou, 2013

Mère et fils réunis malgré eux

Fata Walat El Moctar et Abdoul Ag Mohamed sont originaires de Gao, au Nord du Mali. En janvier 2012 ont débuté les conflits entre les militaires maliens et le groupe composé d’islamistes et de rebelles touaregs. La mère a alors rejoint son fils à Ségou, une ville située à 240 kilomètres de Bamako. Abdoul Ag Mohamed y élevait une trentaine de vaches, moutons et cochons. « L’armée malienne et les civils les ont tués », confie-t-il tristement. Désormais sans-le-sou, mère et fils consacrent leurs dernières économies à leur fuite. C’est ainsi qu’ils sont arrivés au camp de Sag-nioniogo.

Abdoul Ag Mohamed tend du thé. « Azawad », est-il marqué sur la boîte. « Nous voulons l’indépendance de l’Azawad, déclare l’homme. Deux pays, deux drapeaux. (…) Tombouctou, ce sera notre capitale. » Abdoul Ag Mohamed s’y installera dès que son vœu sera accompli. Pour l’heure, sa mère affiche le tract de Soumaïla Cissé. Le candidat de l’Union pour la République et la démocratie est contre l’indépendance du Nord du Mali. Toutefois, il est le seul à avoir envoyé une délégation non loin du camp, ce qui a visiblement séduit. « D’abord, on vote Soumaïla Cissé et puis, on aura l’Azawad », assure Abdoul Ag Mohamed.
Dans les allées du camp, le calme règne malgré le nombre élevé de réfugiés. Seuls sont perceptibles le bêlement des moutons ou les discussions lointaines. Quelques Maliens ont construit des étals pour vendre des légumes ou de l’artisanat. La plupart, néanmoins, s’ennuient sur leur natte et attendent que les jours passent.

Ouagadougou, 2013

A sept dans une tente

Tina Cissé vit au camp avec toute sa famille. Sa fille cadette accueille les visiteurs avec des cris stridents qui allient gémissements et pleurs. « Elle réclame toujours quelque chose », s’excuse sa mère. Avant d’ajouter: « On donne souvent des pièces aux enfants pour qu’ils s’achètent des bonbons. » Elle regarde dans son portefeuille. Malheureusement, elle n’a plus de monnaie.

Il y a un an et demi, la famille de Tina Cissé vivait encore à Rharous, près de Tombouctou, au Nord du Mali. Jusqu’au jour où l’armée a menacé de les tuer. « On est parti comme ça. On a laissé nos affaires, on a pris le camion et on est parti », se souvient la jeune femme.
En temps normal, Tina Cissé et sa famille vivent de l’artisanat. Le père sort un album photo d’un sac pour le prouver. Il décrit les images avec nostalgie, puis referme l’album, le range et se recouche. « Comme on n’a pas encore gagné le matériel pour faire les boîtes [en cuir]», enchaîne Tina Cissé, « on fait les tâches ménagères seulement. » Elle se lève et va aider sa mère. Ce midi, au menu, c’est riz sauce fakoye, une spécialité sonraï du Nord du Mali. La famille est musulmane mais ne jeûne pas.

Le poste de radio est allumé. Les paroles de l’animateur créent un bruit de fond sous la tente. La radio, c’est le moyen pour la famille de s’informer sur la future élection présidentielle au Mali. Son enthousiasme est visible lorsqu’on aborde ce sujet. « Nous, on attend juste que la paix revienne pour rentrer », affirme Tina Cissé. « Le Mali, on veut qu’il reste uni, on ne veut pas de l’Azawad. » Tous savent déjà pour qui ils voteront. S’ils votent…

Ouagadougou, 2013

Un scrutin organisé dans l’urgence

A Sag-nioniogo, rien ne présage qu’une élection importante aura lieu dans deux jours. Pas une affiche. « Le camp doit rester apolitique », explique le personnel sur place. Pas même un mot sur l’organisation du scrutin. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés assure pourtant que l’élection aura bien lieu dans l’école publique du village.
Seule une dizaine de réfugiés maliens du camp disposent déjà de leur carte d’électeur. Les autorités maliennes continueront à distribuer les cartes qu’elles retrouvent jusqu’au 27 juillet. Toutefois, il est peu probable que les 134 individus ayant exprimé leur volonté de voter introduisent effectivement leur choix dans l’urne ce dimanche. Les plus pessimistes allègueront que « de toute façon, les réfugiés sont issus d’une population qui ne vote plus depuis cinquante ans. »

Il est 16h30. La distribution de vivres se termine à peine. Quelques Maliens font la queue devant le bureau de la Commission nationale pour les réfugiés. Certains n’ont pas pu retirer leur lot de nourriture car ils ont perdu leur attestation de réfugié. D’autres se plaignent de ne pas pouvoir le retirer pour un parent. Après avoir résolu leur problème, tous devront se présenter devant les volontaires de la Croix-Rouge demain, deuxième et dernier jour de la distribution de vivres.

Publié sur TV5 Monde
© 2013

Ouaga bouillonne

La capitale du Burkina est, comme toute capitale, le point de rencontre des revendications de la population. Ces dernières semaines, j’ai le sentiment que le mécontentement s’y fait plus fort. Les Ouagalais n’ont plus leur langue dans leur poche. Les marches, sit-in et grèves deviennent fréquents.

(Ouagadougou, juillet 2013)

En cette première partie de 2013, les Ouagalais n’ont pas été épargnés par les mauvaises nouvelles.
En mars, l’Organisation des Nations Unies publie son Indice de développement humain de 2012. Le couperet tombe: le Burkina pointe son nez dans le bas du classement mondial, 183e sur 187 pays. Il campe parmi des Etats en situation de conflit.

En avril, c’est le gaz butane qui devient plus cher. Depuis lors, les Burkinabè déboursent 5.000 F CFA pour recharger leur bouteille de 12,5 kg, soit 1.000 F CFA de plus qu’avant. De quoi faire tourner de l’œil la plupart des foyers ouagalais, qui utilisent cette denrée quotidiennement pour préparer leurs plats.
Pour couronner le tout, les prix du lait et du mil augmentent aussi.

En mai, l’annonce de la création d’un Sénat au Burkina échauffe les cerveaux pour de (Ouagadougou, juillet 2013)bon. Cette innovation est prévue depuis décembre 2011. Tous les Burkinabè savaient que le Sénat allait être mis en place. Mais cette seule concrétisation est la goutte d’eau qui fait déborder le vase pour la plupart des gens que je côtoie. Ils craignent en fait de voir s’ériger un Sénat pro-régime qui permettra de réviser la Constitution quand bon lui semble. De plus, le budget nécessaire pour la création de cette structure donne le vertige: l’opposition parle de 36 milliards de F CFA, soit près de 55 millions d’€.

Les réactions

Elles ne se font pas attendre… Le 29 juin, l’opposition politique organise une marche anti-Sénat. Plusieurs milliers de personnes y participent. Les gaz lacrymogènes lancés par la police ne font qu’accentuer le mécontentement des manifestants. C’est visiblement le début d’un ras-le-bol partagé.
Un mouvement voit le jour suite à cette marche: « Le Balai citoyen ». Dès ce moment, les artistes entrent dans la danse. Sans langue de bois, les deux musiciens-fondateurs (Ouagadougou, juillet 2013)appellent à une démocratisation du Burkina Faso.

Le 13 juillet, les gardes de sécurité pénitentiaire de la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou observent un arrêt partiel de travail. Cette action n’est que peu relatée tant elle est silencieuse. Cependant, elle prouve cette fois que, même du côté des agents de l’Etat, les critiques pleuvent. Mauvaises conditions de travail pour eux, mauvaises conditions de détention pour les prisonniers.

Le 16 juillet, c’est au tour des journalistes de se plaindre. Ceux des médias publics, plus précisément. Ils organisent un sit-in devant le Ministère de la Communication. Dans leur haut-parleur et sur leurs pancartes, leur revendication est sans équivoque: non aux conditions de travail actuelles et non à l’immixtion de la hiérarchie dans l’élaboration de leur information. Cette dernière plainte fait suite à la censure que les journalistes ont subie lors de la couverture de la manifestation de l’opposition.

(Ouagadougou, juillet 2013)Enfin, dernière marche en date: ce 20 juillet. L’appel à protestation de la Coalition contre la vie chère a convaincu la population de remplir la place de la Nation ce matin. Dans la foule, l’on retrouvait tant des travailleurs du secteur public que privé. La vie chère, tout Ouagalais la ressent, indifféremment du reste.

Malgré les multiples tentatives de récupération de la part du pouvoir, la plupart des Ouagalais que je rencontre sont las. Les journalistes s’insurgent. Les étudiants se rebellent. Les commerçants désespèrent. Les chômeurs se découragent. Les expatriés s’étonnent. Les chefs de petite entreprise s’inquiètent. Les fonctionnaires souffrent. Mes voisins périssent.

Voyage-marathon au Ghana

Départ: Ouagadougou
Durée: 8 jours
Arrêts: Tamale: 1 jour; Nkwanta: 1 jour; Ho: 1 jour; Keta: 1 jour; Ho: 1 jour;
Kumasi: 2 jours; Tamale: 1 jour
Distance: environ 2.000 kilomètres

© 2013

Les maquis, la nuit

A O(Ouagadougou, 2013)uagadougou, on les retrouve à chaque coin de rue. Des maquis, il y en a des centaines, voire des milliers – personne ne sait exactement.
Les clients y boivent une bière, discutent avec leurs amis et, éventuellement, dansent sur le dernier tube du moment.

Mais ces lieux de détente ne réjouissent pas tout le monde… Reportage.

Diffusé sur Burkina 24
© 2013

Le rêve cannois

Le festival de Cannes est lancé. Drissa Touré, réalisateur burkinabè, se réjouit de pouvoir faire le déplacement. Il est de retour avec un court-métrage, intitulé « La Loi de Moïse ». Reportage à Ouagadougou, juste avant son départ.

Création de Manivelle Productions
Diffusé sur France Ô
© 2013

À la recherche de la ferraille

Chaîne, jante ou moteur. Plus de 120 tonnes de ferraille quittent chaque année le Burkina Faso pour l’Asie. La récupération de métal est une activité de plus en plus lucrative. Elle permet notamment à de nombreux jeunes désœuvrés de gagner leur vie. Reportage à Ouagadougou, au Burkina Faso.

Création de Manivelle Productions
Diffusé sur France Ô
© 2013

Les Gomboïstes ont faim

Ouagadougou (Février 2013)Dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne francophone, les journalistes exercent leur métier dans des conditions précaires. Locaux parfois inexistants, matériel vétuste, mais surtout, salaire de misère.

Face à cette précarité, les journalistes sacrifient parfois leur déontologie pour gagner leur vie. En Afrique de l’Ouest – au Burkina Faso notamment – il y a ce qu’on appelle le gombo, cet argent que les journalistes reçoivent pour couvrir un événement.

Je me suis intéressée à cette pratique… Reportage à Ouagadougou.

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Sur les routes de Ouaga

Faire de la moto à Ouagadougou, ce n’est pas dangereux, c’est suicidaire. Néanmoins, c’est le moyen de transport principal du pays. Environ 70% des véhicules sont des motos. Comme la plupart des Burkinabè, j’ai donc enfourché mon deux roues.

Ouagadougou (Mars 2013)Ouagadougou. Une ville de plus d’un million d’habitants. Tous les jours y transitent des milliers de moto sur les zones goudronnées.

La moto, c’est un moyen de transport pratique: elle permet d’éviter les nombreux embouteillages, elle est tout-terrain et coûte moins cher qu’une voiture – d’autant plus qu’on peut transporter le même nombre de passagers.

J’ai néanmoins détecté quelques points faibles à ce moyen de transport. A l’air libre, tout motocycliste ingère la pollution environnante. Et, à Ouaga, elle n’est pas des moindres. Nombre de mes collègues de route ont trouvé une solution ingénieuse: faute de masque « à la chinoise », ils placent un cache-yeux – comme ceux que l’on distribue dans les avions – sur leur bouche.

Mais la pollution est loin de constituer l’unique inconvénient recensé. En route…

– « Un conducteur fantôme circule actuellement sur la route allant de la Patte d’oie vers le Village artisanal. »

Aujourd’hui, comme souvent, la capitale est embouteillée. Après quelques minutes de trajet, je rencontre un automobiliste quelque peu pressé, qui décide de prendre la route à contre-sens. Outre de risquer ma vie et celle de mes compagnons de route, cet acte lui permet d’éviter un rond-point bondé. Il est officiellement en infraction, mais mes confrères burkinabè l’admettent sans souci. Je fais donc de même.

Continuons l’aventure. J’emprunte désormais l’échangeur.

– « Attention: un cycliste est arrêté dans le tournant de l’échangeur. Il tente de récupérer ses tongs, qu’il a semées en pédalant. »

L’échangeur équivaut à l’autoroute burkinabè. Il existe depuis peu. 2008, exactement. Tout véhicule y a accès, du camion ultra-chargé au vélo aux roues voilées. Le plus rapide serpente parmi les plus lents. Généralement, je fais partie des escargots. Aujourd’hui, je m’intègre dans le premier groupe. L’avantage du slalom, c’est que le parcours semble plus court. Je prends plus garde à ne pas frôler les autres qu’à analyser le chemin qu’il me reste à effectuer.

– « Chers conducteurs, soyez vigilants et restez conviviaux. »

Sur l’échangeur ou ailleurs, il existe une activité ludique que je pratique régulièrement, notamment aujourd’hui: la discussion avec mon voisin de route.

Ainsi, je le salue, je lui demande comment va la famille, les amis, le quartier, etc. Mais, surtout, je lui demande ma route. Je ne dispose pas encore de carte de la capitale. C’est donc une de mes astuces pour retrouver mon logement.

– « C’est la fin de cet inforoute. »

La fin de mon périple, aussi. L’heure, pour moi, de ranger ma moto dans mon salon, où elle passera la nuit.

Derrière les vitres du Parlement

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Mercredi 29 octobre a été une journée blanche au Parlement européen de Strasbourg. Cette semaine-là se sont tenues deux sessions plénières. Le mercredi a scindé la semaine en deux.

Les eurodéputés ont décidé de ce calendrier pour se conformer aux Traités. 12 sessions plénières doivent, en effet, avoir lieu chaque année. Pour combler l’absence de session au mois d’août – période de vacances parlementaires – les députés en ont prévu deux en une semaine au mois d’octobre.

Ce reportage vous propose de voyager au sein du Parlement européen lors de cette journée blanche.

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Eloi Coly, conservateur de mémoire

Maison des esclaves de l'Ile de Gorée (Sénégal)La Maison des Esclaves est située sur l’île de Gorée, au Sénégal. Premier lieu de mémoire de la traite négrière, elle est régulièrement visitée.

En Europe, deux villes ont suivi cette initiative. Liverpool, en Angleterre, a créé un Musée de l’esclavage. Depuis peu, Nantes, aussi, détient un Mémorial de l’abolition de l’esclavage. La ville française était le premier port négrier du pays au 18e siècle.

Cette semaine, Nantes a accueilli une table ronde sur l’esclavagisme. Eloi Coly, le conservateur du musée de la Maison des Esclaves de l’île de Gorée, y était évidemment convié. L’occasion, pour moi, de l’interviewer sur l’importance de ces lieux de mémoire.

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Rencontre avec la communauté Rom

La communauté Rom est dispersée dans une multitude de pays. Les Roms sont en fait la plus grande minorité d’Europe. Souvent considérés comme des voleurs, rejetés, les Roms immigrent.

Ils sont un millier à s’être installés en Pays de la Loire, en France. Ceux que Daniela Bularda et moi avons rencontré viennent d’un village du sud-ouest de la Roumanie. Ils se sont déplacés à 20.

Via ce reportage, nous avons tenté de comprendre la problématique des Roms.

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L’activité derrière les barreaux

En juin dernier, la maison d’arrêt de Nantes a déménagé à Carquefou.
Depuis lors, ateliers et formations sont mis à la disposition des détenus.

Participer à ces activités, c’est une manière de s’occuper. Une manière, aussi, de préparer sa sortie.

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Quel avenir pour le cinéma associatif ?

A contre-courant des multiplexes cinématographiques, il y a les cinémas associatifs. Ces salles se démarquent des premières par leur programmation. Elles proposent généralement des films d’art et d’essai, ainsi que des animations pour jeunes et groupes scolaires. Parfois, elles font office de cinéma de quartier.

Au Royaume-Uni, en Suède et en France, des initiatives honorables existent en matière de cinémas associatifs. Malgré cela, au niveau européen, aucune étude n’a été entreprise pour évaluer les besoins des cinémas associatifs.

Comment ce genre de cinémas se maintient-il? Pour le savoir, je me suis rendue au Cinématographe. C’est l’un des deux cinémas associatifs de Nantes, en France.

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Mondoblogueuse

Depuis ce matin, je fais partie des 150 blogueurs sélectionnés pour la seconde saison du projet Mondoblog.

Mondoblog, c’est une « plateforme qui regroupe des blogueurs francophones sélectionnés par un concours initié par l’Atelier des Médias de Radio France Internationale« . Pendant six mois, je serai formée à distance pour développer mon blog.


Kinshasa (Juillet 2010)

Pour participer au concours, il fallait écrire une histoire courte. La voici…

Elle s’appelait Sarah

En 2010, j’ai passé six semaines à Kinshasa, en République démocratique du Congo. Sur place, j’ai logé chez une famille que je connaissais indirectement. C’était une famille riche. Comme tant de foyers africains, y vivaient beaucoup de monde: Papa et Mama, la sœur de Mama, une nonne, les aides ménagères et les gardiens. C’était l’été. Papa et Mama accueillaient donc en outre trois jeunes pensionnaires; des enfants de la famille. Parmi eux, Sarah.

Sarah avait cinq ans et une bonne bouille. Pas timide pour un sou, un peu turbulente. Tout de suite, le courant est passé entre elle et moi. Les premières heures, elle m’a observé d’un air curieux. Ensuite, elle m’a parlé dans un français plutôt bon, comparé aux autres enfants de la maison. Par signe de sympathie, je lui ai donné l’un de mes surligneurs, avec lesquels je mettais en évidence les passages importants de mes livres. A peine lui avais-je offert qu’elle était accusée d’avoir dérobé mon marqueur. Mes démentis n’y faisaient rien. C’est la première punition à laquelle j’ai assisté.

Au fil des jours, j’ai compris que le foyer ne supportait plus les bêtises de Sarah. Mama m’a décrit le comportement ingérable de la petite. Aucune concentration. Jamais calme. Toujours en quête d’attention. Elle s’introduisait aussi dans la chambre de la nonne pour y découper ses habits. Cette insolence me faisait sourire. Mama, elle, ne rigolait pas du tout.

Sarah était ici car sa mère ne parvenait pas à s’occuper d’elle pendant les vacances. A la maison, elle se faisait battre. Elle passait l’été chez Mama pour calmer ses ardeurs. Pour reposer son entourage direct, aussi. Visiblement, Sarah n’était pas plus sage ici qu’ailleurs. Elle était donc constamment punie, recluse dans une pièce munie de fenêtres sans vitre à côté du jardin. On l’entendait pleurer à chaudes larmes.

Un jour, Sarah a disparu. Mama et la nonne m’ont dit qu’elles l’avaient envoyé en camp de vacances. Au début, je les ai cru. Après deux semaines, j’ai commencé à avoir des doutes. Je les entendais parler de Sarah en lingala, mais je ne comprenais que quelques mots. Finalement, j’ai appris que Sarah n’était pas en colonie de vacances. Elle était chez un désensorceleur.

Jusqu’à la fin de mon séjour, parler de Sarah est devenu tabou. Je ne l’ai plus jamais revue…